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Mariage japonais, 1ère partie : « La longue longue marche vers l'allée »

Il y a deux ans, en automne, mon mari japonais et moi avons décidé de sauter le pas, et de faire face aux difficultés culturelles du mariage international. Avant la cérémonie, il y eut une cérémonie shinto qui était si traditionnelle que la plupart des invités japonais n'avaient jamais vu ça.

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Les préparatifs furent nombreux, et s'étendirent sur plusieurs mois. Le premier défi fut de trouver un shiromuku , un kimono blanc de mariage, et un ironaoshi , un kimono de couleur, qui soient tous deux à ma taille, et cela ne fut pas chose aisée. Occidentale, je suis plus grande et plus large que la plupart des femmes japonaises. Après plusieurs heures d'essayage, j'avais essayé presque tous les kimonos disponibles, les trois petites japonaises qui m'assistaient semblaient exténuées et prêtes à jeter l'éponge d'une minute à l'autre. Mais miraculeusement, elles réussirent à trouver un kimono blanc et un rouge qui étaient suffisamment grands, et elles sauvèrent ainsi la mariée de la crise de nerf dès le premier round.
 

 

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Mon mari portait un hakama, kimono de mariage pour homme, qui est moins compliqué à porter et moins gênant pour se déplacer, si bien que les préparatifs furent plus ou moins achevés après un seul essayage. Pour ma part, une fastidieuse journée venait alors tout juste de commencer. La phase suivante fut la recherche de la bonne perruque, que la mariée doit porter lors d'une cérémonie shinto. Je dois avouer qu'au départ, j'étais un brin septique. Je veux dire, pour moi, porter une perruque, c'est quelque chose que l'on fait au carnaval. Je ne pouvais m'empêcher de penser que j'aurai l'air ridicule dans la mesure où je ne suis pas japonaise. Néanmoins, lorsque que l'objet fut placé sur ma tête, quel effroi de voir à quel point cela m'allait. La première que j'essayai était de style ancien, faite de vrais cheveux, et lourde. Je pensais qu'une perruque de 2 kilo serait du gâteau, mais après cinq minutes seulement, je commençais avoir des crampes au cou, alors, j'optai pour un modèle récent et léger. Décorée de nombreux accessoires, elle était déjà suffisamment lourde. Au dessus de tout cela, je devais également porter un watabôshi, sorte de capuchon faisant office de voile. Il existe aussi une variation qu'on appelle tsunokakushi, ce qui signifie chapeau pour cacher les cornes. Je choisi alors le premier, parce que plus traditionnel, et aussi que je n'avais rien à cacher.

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Le troisième défi fut d'apprendre à marcher avec le kimono sans trébucher et me couvrir de ridicule. Cette partie de la préparation fut la plus pénible pour les nerfs. Le kimono de mariage est en fait un empilement de trois kimonos qui sont ficelés au corps, lourds et étouffant de chaleur. Trois femmes furent nécessaires pour m'habiller. D'abord, le nagajuban, sous vêtement pour kimono. Pour qu'il n'y ait pas le moindre vide entre la taille et la poitrine, plusieurs serviettes furent enroulées fermement autour de mon torse. Au dessus, je revêtis un kimono blanc, ceint d'un obi, ceinture pour kimono qui fixe le tout, et, enfin, sur cela, un magnifique kimono pur soie. J'avais l'impression d'être dans un cocon, marchait à tout petit pas avec une attention constante. La peur de me rater le grand jour était devenue si importante que j'en fis même des cauchemars. Dans ces rêves, je me cassais la figure dans le sanctuaire, et la perruque était propulsée sur la tête de ma belle-mère. Quelle façon de faire la connaissance de sa famille ! Au Japon, il est fréquent de ne jamais rencontrer la famille de son partenaire avant le jour du mariage, ainsi, faire une bonne performance ce jour là donne un vrai coup de pouce à vos futures relations. Alors que je n'avais jusqu'alors rencontrer que la famille la plus proche de mon mari, et quelques uns de ses amis, j'allais rencontrer le jour du mariage plus de quarante personnes que je ne connaissais pas, ce qui ne faisait qu'ajouter encore de la tension à des nerfs déjà à vif. Plus le jour approchait, plus je devenais nerveuse.

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Je me suis entraînée à marcher, à placer mes mains, et même à sourire. Au cours d'une cérémonie shinto, on est supposé sourire sans ouvrir la bouche, et, en général, être subtil dans chaque mouvement, chose qui m'est particulièrement difficile de part ma nature bavarde et pétillante. Par conséquent, chacun de mes gestes étaient contrôlés au centimètre près, répétés, et mémorisés. « A vos marques, prêts, partez ! Voilà la mariée ! »

 

 

 

 
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