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Le week-end dernier, j'ai pu savourer l'une des plus excitantes promenades depuis bien longtemps, en prenant part à la « Jungle Cruise » (Croisière de la jungle) à Yokohama. Le nom lui-même est si attirant, et il n'y a rien d'étonnant au fait que cette « Factory Night View » (Panorama des usines la nuit) soit si populaire ; aucune réservation possible pour les deux prochains mois. J'ai eu la chance que l'on m'ait fait une place à bord pour écrire mon article, ce dont je ne pourrais suffisamment remercier l'équipe de la croisière, car c'était une nuit mémorable.
Alors que j'attendais l'embarquement avec les autres passagers, je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait, d'autant plus que le petit bateau n'avait rien à voir avec ce que j'avais imaginé. Mais en fait, cela rend les choses plus palpitantes, et la croisière perdrait beaucoup de son intérêt sur un gros et ennuyeux navire. Il y a, à bord, de la place pour trente personnes, et la foule était très hétéroclite, avec des couples et des groupes d'amis de tous âges. Je pris place sur un banc proche du garde-fou arrière du navire, et profitai de la houle. Nous avons finalement pris la mer. Le moteur faisait tellement vibrer la place où j'étais assise, que cela ressemblait à un massage, amusant et étrange. Le vent soufflait fort, et il faisait froid, si bien que nombreux furent ceux qui quittèrent le pont pour profiter de la vue au chaud, de derrière les fenêtres. Le bateau tanguait si violement que je plaignais ceux qui étaient sujet au mal de mer. Doucement, le soleil commençait à se coucher sur la baie de Yokohama, je n'avais jamais vu cette ville embrasée dans un si magnifique crépuscule. J'étais prise entre immortaliser chaque moment avec mon appareil photo, et graver dans ma mémoire cette vue à couper le souffle de mes propres yeux. Une agréable solitude prenait place autour de moi à mesure que la froidure de l'hiver me pénétrait. Le pont de la baie de Yokohama se rapprochait sur la droite, mais parût cependant soudainement si petit comparé à la masse des usines où nous nous apprêtions à rentrer. Les lumières des gros réservoirs cylindriques se reflétaient sur l'eau, et l'odeur du pétrole rendait le tout encore plus parfait. Peu à peu, des usines apparaissaient sur chaque rives, comme pour nous engloutir soudainement, et nous mener vers un autre monde… Quelque chose dans cette sombre atmosphère m'évoquait 1984 de George Orwell. Nous étions seul sur une mer noire et silencieuse, et personne ne savait quelle sera la suite. Une vue théâtrale s'étendait devant mes yeux, il me semblait pouvoir entendre en fond jouer un requiem. Tout à coup, notre navire ralentit et tanguait, simplement. Alors que je me levais pour prendre des photos de la gigantesque usine devant moi, je devais faire attention à ne pas passer par-dessus bord, le garde-fou n'étant pas très haut. Si vous la fixez trop longtemps, l'eau, où se mêle pénombre et lumières des usines, vous aspire de manière hypnotique. L'aventure appela sa première victime lorsqu'un des passagers succomba au mal de mer, cherchant un bref réconfort appuyé sur le garde-fou, un ami lui tapotant le dos. L'arrêt suivant nous plongea au beau milieu d'un no-man's-land de bâtiments, tels des géants semblant nous observer, effrayants et amicaux tout à la fois. Le voyage continua, et nous passâmes à côté d'un énorme navire, le Holy Victoria, où était ironiquement inscrit en grands caractères rouges « NO SMOKING ». A mesure que des étoiles faisaient leur apparition dans le ciel, l'air devenait plus froid encore. Mes mains tremblaient tellement que je ne pouvais tenir fermement mon appareil photo. Mais cette froidure semblait étrangement agréable. La plus grosse part de vos sens disparaît alors ; il n'y a plus que la mer, et vos yeux dont s'emparent les lumières. Ces chantiers de construction, qui, dans la journée, sont si moroses et gris qu'ils n'attirent le regard de personne, deviennent la nuit un spectacle époustouflant, un autre monde, une autre planète. Nous ne pourrions nous croire au Japon, s'il n'y avait ces arbres typiques que l'on voit pointer de ci de là entre les entrepôts. C'est lorsque le bateau commence sont retour vers la côte, que nous avons droit au final, la plus impressionnantes des rencontres avec un site d'où émane des fumées dignes de nuages apocalyptiques ; le rideau se ferme sur un acte de ce drame. Malheureusement, cette pièce doit prendre fin après quatre-vingt-dix minutes, si longues, mais toujours trop courtes. Un petit phare nous accueillit alors que nous nous rapprochions de Yokohama, nous offrant un joli panorama avec les lumières de la ville et de la grande roue. Après la croisière, je pus discuter un moment avec Monsieur Imai, manager de la KMC Yokohama Marina, qui me dit que le célèbre réalisateur Ridley Scott a vu par le passé ce paysage nocturne qui lui aurait servi d'inspiration pour le film Blade Runner. On dit aussi que « Gotham City » fut inspirée par ce même panorama. Cela semble tout à fait clair et logique, puisque que j'ai eu exactement la même impression en le voyant.
Peut-être est-ce dû à mon amour pour la mer, mais cette expérience fut comme une délivrance pour moi. C'est peut être aussi parce que j'aime les bateaux et que j'étais toute excitée à l'idée de monter à bord de l'un d'eux. Tout ce que je peux dire, c'est que si vous avez un jour l'occasion de vous rendre à Yokohama, c'est une aventure dont vous ne devriez pas vous priver. Une dimension complètement différente et théâtrale d'un endroit habituellement ignoré.
Yokohama Jungle Cruise http://www.reservedcruise.com/fact/ Téléphone.: 0081-(0)45-290-8377 Email:
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