Home Le parfum des saisons Le rythme du destin
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Le "Yosakoi Matsuri" est un festival de danse qui se déroula pour la première fois en 1954 dans le département de Kôchi, dans le sud du Japon. C'était une tentative pour redonner du tonus à l'économie, morose depuis la fin de la 2nde guerre mondiale. Ce festival a attiré l'attention, et est peu à peu devenu très populaire jusqu'à se répandre dans tout le pays. Il y a aujourd'hui plus de 220 festivals Yosakoi différents au Japon. Le fondement de la danse est la chanson « Yosakoi » originale composée pour le premier festival. Tant que l'on utilise une phrase de cette chanson, on peut arranger le reste librement. Les groupes de danse utilisent très souvent des éléments de leur folklore local pour exprimer leur identité régionale, et depuis quelques temps, certains groupes mélange la tradition avec du reggae, du rock, ou d'autres formes de musique moderne.

Cette année, à Harajuku, le plus animé des quartiers commerçants de Tôkyô, les 23 et 24 août, s'est déroulé le 8ème « Super Yosakoi », le plus important de ces festivals. L'évènement a réuni des groupes de danseurs de tout le pays, ils étaient plus de 100 à y participer durant ces 2 jours. Parmi ces milliers de danseurs japonais, se trouvait Rebecca, une australienne, qui était habillée et dansait de la même manière que ses compères japonais. Si ce n'était ses cheveux blonds, personne n'aurait remarqué la différence. Quand on lui demande comment elle s'est retrouvée au sein d'un groupe de danseurs « Yosakoi », elle répond : « C'est une coïncidence, ou plutôt, pour être honnête, le destin ».

Rebecca Whitcomb n'a jamais vraiment eu l'intention de se rendre au Japon. Néanmoins, il semble que le destin en ait décidé autrement. Il y a 10 ans, alors qu'elle était encore au Lycée à Brisbane, en Australie, elle étudiait le français, nourrissant le rêve d'aller en France. Ainsi, lorsqu'elle a rempli le formulaire d'un programme d'échange, elle était certaine d'avoir mis la France en tête de liste, et que le Japon n'y figurait pas. Pourtant, au moment où elle reçu les résultats, il était bien décidé qu'elle partirait pour le Japon.

Depuis, elle est poursuivie par une sorte de prédestiné, qui l'amena de nouveau au Japon en 2002 dans le cadre de ses études universitaires, et en 2004 pour son travail. Dans un premier temps, elle enseigna l'anglais, puis, au printemps 2006, elle quitta son poste, qui ne la satisfaisait guère, pour continuer à enseigner à son compte. C'était un choix courageux, car elle dut travailler dur pour trouver des élèves, elle manquait d'argent, et se sentait seule. Ce fut alors qu'en août 2006, elle fut une nouvelle fois frappée par le destin. Elle descendait du train à Harajuku, quand son regard fut attiré par un poster. Il s'agissait d'une publicité pour un spectacle de danse dans la gare. Lorsqu'elle se rendit à cet évènement, qu'elle entendit la musique et vit les mouvements, elle comprit qu'elle devait danser le Yosakoi .

yosakoi2Le premier groupe que vit Rebecca était Tokyo Metro, et se fut le coup de foudre. C'est le groupe où elle danse aujourd'hui, mais le rejoindre ne fut pas une mince affaire. Une semaine plus tard, elle se rendit au Super Yosakoi, et fut encore plus enthousiasmée par cette danse, mais n'avait aucune idée de la manière de prendre part au groupe. Quelques semaines plus tard, on lui adressa la parole dans la rue pour l'inviter à participer à un groupe d'échange international. Elle n'était pas intéressée, mais donna son adresse mail.

Peu de temps après, elle reçu un message l'invitant à former un groupe international de danse Yosakoi. Seulement 3 personnes furent présentes à la répétition, mais les 2 autres filles, 2 japonaises, Chisaki et Yuka, se montrèrent tenaces et réussirent à réunirent 20 personnes. Le groupe prévu de participer au Dream Yosakoi, fin novembre, seulement 3 mois plus tard, et répéta beaucoup. Mais juste avant l'évènement, le groupe international qui sponsorisait le groupe fut dissout, et ainsi, le groupe de Rebecca voyait sa fin inévitable. Pourtant, leur professeur continua à les coacher gratuitement et les amena avec succès jusqu'au festival.

yosakoi3Néanmoins, le groupe se sépara à la fin de l'année, mais Rebecca voulait continuer à danser, et parla du groupe Tokyo Metro à Chisaki. Elle ne savait pas comment les contacter, alors Chisaki appela simplement le bureau de Tokyo Metro et obtint le numéro du leader de ce groupe. Yuka et Chisaki participèrent à une répétition sans Rebecca, et prévinrent cette dernière que c'était extrêmement difficile, mais Rebecca avait déjà pris sa décision. Elle alla voir une de leur performance, et leur demanda si elle pouvait les rejoindre. Le groupe ne comptait aucun membre étranger et fut surpris, mais, enthousiaste, il l'accepta. Rebecca commença alors à se rendre aux répétitions 2 fois par semaine après le travail, et 5 heures le samedi. Elle assimila peu à peu les mouvements, de plus en plus folle de cette danse. En 2007, son rêve se réalisa, elle prit part au Super Yosakoi. Il faisait chaud, c'était épuisant, mais elle était portée par la foule et l'ambiance, si bien qu'elle se donna à fond, et s'évanouit à la fin.

yosakoi4« Le Yosakoi a changé ma vie. Danser me procure confiance en moi, ce qui m'aida à trouver un bon travail, un nouveau style de vie heureuse, et plein de nouveaux amis. Danser ensemble est une expérience si forte, le groupe est comme une famille pour moi, et même quelques couples se sont formés au sein du groupe. Le Yosakoi c'est l'amitié, l'amour, la vie, je ne peux pas m'imaginer sans. Le Yosakoi m'a donné un chez moi à Tôkyô. Pour parler simplement, c'est ma façon de vivre ».

 
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